L’art du tatouage
Par Patrick Perret Longtemps mal considéré sous nos latitudes, le tatouage s’est aujourd’hui démocratisé au point de devenir une véritable mode. Petit tour d’horizon de cet art ancestral.

 

 

Ötzy, le plus vieux tatoué connu

 Il a été découvert en 1991, congelé dans les alpes italo-autrichiennes. Âgé de plus de 5300 ans (d’après des analyses au carbone 14, il serait né vers 3300 avant J.C) « L’homme des glaces » arbore 61 tatouages : il s’agissait essentiellement de traits parallèles le long des lombaires et sur les jambes.

La pratique de cet art était donc déjà en cours à l’ère du néolithique. Avant cette découverte, le premier tatouage a été trouvé en Égypte sur une momie datant de 2200 avant JC, dont le corps était entièrement tatoué de motifs décoratifs, ayant un but sacré et religieux. La découverte en Asie centrale d’une momie datant de 500 avant J.C offrait, elle, des représentations de créatures imaginaires. Il est donc réellement difficile de situer précisément le début de cette pratique, ceci aussi bien d’un point de vue historique que géographique. Mais, partout où le tatouage s’est manifesté, il a contribué à marginaliser ses adeptes d’une certaine façon. Il servait à distinguer les classes sociales, à marquer le passage d’un état à un autre (de l’adolescence à l’âge adulte chez les Maoris notamment), à identifier les esclaves ou les criminels.

 

 

Interdit en Europe

Le tatouage est interdit en Europe en 1787 par le pape Adrien 1er, parce que jugé comme un symbole païen ou une marque du démon. Dans le livre du Lévitique, chapitre 19 verset 28, on peut lire : « Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Éternel ». Cette interdiction n’a pas résisté à la coutume mais la pratique de cet art a quasiment disparu dans cette période sombre et emplie d’ignorance qu’était le moyen âge. Le tatouage réapparaîtra cependant au 18ème siècle, après que des marins européens de retour de Polynésie s’approprient la pratique ; pour ainsi dire, ils ont passé le cap…

Si l’art et la technique évoluent au fil des siècles, le tatouage reste une pratique « underground » jusqu’au années 80.  En Europe ainsi qu’aux USA, il est associé « mauvais garçons », aux gangs mais aussi aux musiques rock, punk, métal puis un peu plus tard, au Hip-Hop. Mais les stars de musiques plus accessibles au grand public vont lui donner une image « cool » qui le fera ainsi entrer dans la pop culture.

 

Aïe, ça fait mal !

 

Eh oui, c’est un fait, c’est douloureux. Les aiguilles pénètrent votre peau plusieurs fois par secondes et ce, durant des heures, selon la taille du tatouage. Les endroits les plus sensibles ? Le ventre, les côtes, le thorax, la nuque, le visage, les articulations et les extrémités (riches en terminaisons nerveuses). Les zones les plus supportables ? les cuisses, les bras, le dos. Il est à noter aussi que la perception de la douleur varie selon les individus. Une personne peut également ressentir des douleurs d’intensité variable suivant l’endroit du tatouage, la durée de la séance, mais aussi selon son état physique, émotionnel ou hormonal. Si vous êtes du genre sensible, évitez de vous faire tatouer un motif sur le pied, par exemple. Ne buvez pas d’alcool au moins 24 heures avant la séance et évitez l’aspirine ; ces substances liquéfient le sang et saigner davantage augmente le risque d’infection. Un conseil : mangez bien avant de « buriner votre épiderme* » cela vous évitera de faire un malaise pendant la séance.

 

 

À vie

 

N’oubliez pas une chose : un tatouage c’est pour la vie. Si vous désirez franchir le pas, choisissez bien votre motif car celui-ci vous accompagnera dans la tombe. Tatouer le visage de votre belle-mère, par exemple, est une idée que vous risqueriez de regretter amèrement…

Malgré tout, il existe des solutions pour effacer votre tatouage, la « meilleure » étant le laser. Sachez cependant que cette méthode est longue (2 à 3 ans), extrêmement coûteuse (au minimum 150 frs la séance) et bien plus douloureuse ; environ 10 fois supérieure par rapport au tatouage et le résultat n’est pas garanti. Donc, réfléchissez bien avant de vous faire « brodancher la couenne*».

 

*Termes argotiques français utilisés autrefois dans les bagnes.